Simulateur CFE auto-entrepreneur 2026 : comment estimer votre cotisation
Un auto-entrepreneur paie la CFE à partir de sa deuxième année d'activité : le simulateur applique le taux communal à la base minimum votée par la commune, avec l'exonération de l'année de création et celle du seuil de 5 000 € de chiffre d'affaires.
Simulateur CFE auto-entrepreneur : la réponse en une phrase
Oui, un auto-entrepreneur paie la CFE, mais seulement à partir de sa deuxième année d'activité et, dans la plupart des cas, sous la forme d'une cotisation minimum. Un simulateur CFE auto-entrepreneur se résume à une opération : multiplier la base minimum votée par votre commune par le taux global de CFE appliqué localement. Aucune cotisation n'est due l'année de création de l'entreprise, et la cotisation minimum est exonérée lorsque le chiffre d'affaires de la période de référence n'excède pas 5 000 €.
Le cadre est celui du droit commun : sur impots.gouv.fr, l'administration rappelle qu'« en tant que micro-entrepreneur, vous êtes soumis à la cotisation foncière des entreprises (CFE) dans les conditions de droit commun », sauf exonération permanente ou temporaire prévue aux articles 1449 à 1466 G du CGI. Le même texte précise qu'« aucune CFE n'est due au titre de l'année de la création », puis qu'« à partir de la 2e année d'activité », la cotisation est calculée sur la base de la valeur locative du local utilisé. En l'absence de local, ou lorsque cette valeur locative est très faible, l'administration retient une cotisation minimum déterminée en fonction du chiffre d'affaires réalisé au cours de la période de référence.
Deux conséquences pratiques pour votre simulation. D'abord, travailler depuis son domicile ne dispense pas de la cotisation : la cotisation minimum est établie au lieu du principal établissement, même sans local dédié. Ensuite, le montant dépend de deux paramètres purement locaux, la base minimum et le taux, si bien que deux auto-entrepreneurs réalisant le même chiffre d'affaires peuvent payer des montants très différents d'une commune à l'autre.
Les quatre données à réunir avant de lancer la simulation
Le calcul de la CFE minimum combine une base et un taux. Voici les quatre éléments que le simulateur vous demande, et où les trouver.
- Le chiffre d'affaires de la période de référence. C'est le chiffre d'affaires qui détermine si la cotisation minimum est due et, le cas échéant, dans quelle tranche du barème national vous vous situez.
- La base minimum de votre commune ou de votre EPCI. « Lorsque la valeur locative des locaux taxés est très faible, une cotisation forfaitaire minimum est établie à partir d'une base dont le montant est fixé par délibération de la commune ou de l'EPCI dont vous dépendez », indique impots.gouv.fr. « Le barème de cette cotisation forfaitaire est ajusté en fonction du chiffre d'affaire, et revalorisé chaque année. »
- Le taux global de CFE. Il est voté localement : la cotisation minimum est égale au produit de la base minimum par ce taux, « augmenté des frais de gestion de la fiscalité directe locale prévus par l'article 1641 du CGI » (BOFiP, BOI-IF-CFE-20-20-40-10).
- L'année d'activité. Précisez si vous êtes dans l'année de création : dans ce cas, la cotisation à payer est de 0 € et seule la déclaration initiale est à faire.
Pour retrouver la base minimum et le taux qui vous concernent, deux points de départ fiables : la délibération de votre commune ou de votre EPCI, et votre avis de CFE des années précédentes, consultable dans votre espace professionnel.
Exemple chiffré : ce que change la base minimum de votre commune
Les valeurs de base minimum et de taux utilisées ci-dessous sont fictives : elles illustrent la mécanique du calcul, à remplacer par celles de votre commune.
| Scénario | Chiffre d'affaires de référence | Base minimum (exemple) | Taux global de CFE (exemple) | CFE estimée |
|---|---|---|---|---|
| Année de création (année 1) | 8 200 € | 600 € | 20 % | 0 € — aucune CFE due l'année de création |
| 2e année, commune A | 8 200 € | 600 € | 20 % | 120 € |
| 2e année, commune B | 8 200 € | 900 € | 25 % | 225 € |
| 2e année, chiffre d'affaires ≤ 5 000 € | 4 600 € | 600 € | 20 % | 0 € — cotisation minimum exonérée |
Lecture du tableau : avec un même chiffre d'affaires de référence de 8 200 €, la cotisation passe de 120 € à 225 € selon la commune, simplement parce que la base minimum votée et le taux voté diffèrent. Le calcul se termine par l'ajout des frais de gestion de la fiscalité directe locale prévus à l'article 1641 du CGI, que le simulateur intègre au résultat.
Le quatrième scénario rappelle le garde-fou le plus utile de 2026 : les entreprises redevables de la cotisation minimum dont le chiffre d'affaires ou les recettes de la période de référence n'excèdent pas 5 000 € sont exonérées de CFE (article 1649 D I-1° du CGI). Un auto-entrepreneur qui démarre en réalisant 4 600 € de recettes sur sa période de référence ne paie donc aucune cotisation minimum, même avec un local ou une base minimum élevée.
Déclarer, consulter l'avis et payer : le calendrier de la CFE
Le simulateur donne un montant, l'administration fixe les dates. Quatre échéances structurent la vie de la cotisation.
| Étape | Date limite | À quoi ça sert |
|---|---|---|
| Déclaration initiale n° 1447-C | 31 décembre de l'année de création de l'entreprise | Déclarer les éléments qui serviront de base au calcul de la CFE émise à compter de l'année suivante. |
| Déclaration n° 1447-M | Au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai de l'année qui précède celle de l'imposition | Demander une exonération, signaler un changement de consistance ou de surface des biens, ou modifier un élément déjà déclaré. |
| Acompte de CFE | 15 juin | Si la cotisation de CFE de l'année précédente est supérieure ou égale à 3 000 € et sans mensualisation : acompte de 50 % de la cotisation mise en recouvrement l'année précédente. |
| Paiement de la CFE (solde) | 15 décembre de l'année d'imposition, ou 15 février de l'année suivante si la mise en recouvrement est différée au 31 décembre | Règlement de la cotisation due au titre de l'année. |
L'avis de CFE n'est pas envoyé par courrier : il se consulte uniquement dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, et vous recevez un courriel à sa mise en ligne ainsi qu'un rappel quelques jours avant la date limite de paiement. Le règlement se fait par prélèvement mensuel, par prélèvement à l'échéance ou par paiement direct en ligne. L'adhésion au prélèvement mensuel est possible jusqu'au 30 juin ; l'adhésion au prélèvement à l'échéance jusqu'au 30 novembre pour le solde et jusqu'au 31 mai pour l'acompte. Un compte bancaire domicilié en France ou dans la zone SEPA est nécessaire.
CFE, CVAE et taxes de chambre : ne pas confondre les prélèvements
La CFE n'est pas le seul prélèvement lié à l'activité professionnelle, et un simulateur de CFE ne les couvre pas tous. La contribution économique territoriale (CET) comprend aussi la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) : les entreprises entrant dans le champ de la CFE et dont le chiffre d'affaires excède 152 500 € sont assujetties à la CVAE et soumises à une obligation déclarative (déclaration n° 1330-CVAE), mais seules celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 500 000 € HT doivent l'acquitter.
Autre distinction qui compte pour un micro-entrepreneur : la taxe pour frais de chambre de commerce et d'industrie et/ou la taxe pour frais de chambres de métiers et de l'artisanat se paient auprès de l'URSSAF, et non avec la CFE. Il ne faut donc pas les additionner à l'estimation produite par le simulateur, ni les chercher sur votre avis de CFE.
Enfin, la base minimum ne sert pas uniquement à la CFE communale : elle sert aussi à l'établissement des impositions annexes ou additionnelles à la CFE perçues au profit de divers organismes (taxe pour frais de chambre de commerce et d'industrie, taxe spéciale d'équipement, etc.), comme le précise le BOFiP. Le montant définitif figure sur votre avis de CFE, dans votre espace professionnel : le simulateur donne une estimation à partir des paramètres de votre commune, il ne remplace pas cet avis.
Questions fréquentes
Un auto-entrepreneur doit-il payer la CFE ?
Oui. En tant que micro-entrepreneur, vous êtes soumis à la CFE dans les conditions de droit commun. Aucune CFE n'est due au titre de l'année de création de l'entreprise ; à partir de la 2e année d'activité, la cotisation est établie sur la valeur locative du local utilisé ou, lorsque cette valeur est très faible ou en l'absence de local, sur une base minimum déterminée en fonction du chiffre d'affaires de la période de référence.
Quelles valeurs saisir dans un simulateur CFE auto-entrepreneur ?
Trois valeurs suffisent : le chiffre d'affaires de la période de référence, la base minimum votée par votre commune ou votre EPCI et le taux global de CFE. La base minimum est fixée par délibération dans le cadre du barème prévu à l'article 1647 D du CGI, ajusté en fonction du chiffre d'affaires et revalorisé chaque année ; le taux, lui, est voté localement. Ajoutez l'année d'activité pour activer l'exonération de l'année de création.
À partir de quel chiffre d'affaires la cotisation minimum est-elle exonérée ?
Les entreprises redevables de la cotisation minimum dont le chiffre d'affaires ou les recettes de la période de référence n'excèdent pas 5 000 € sont exonérées de CFE, en application de l'article 1649 D I-1° du CGI. Un auto-entrepreneur qui réalise 4 600 € sur sa période de référence ne paie donc pas de cotisation minimum.
Quand et comment connaître le montant exact de sa CFE ?
La CFE est due au 15 décembre de l'année d'imposition, ou au 15 février de l'année suivante si la mise en recouvrement est différée au 31 décembre. L'avis n'est pas envoyé par courrier : il se consulte dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, qui vous envoie un courriel à sa mise en ligne et un rappel avant la date limite de paiement. Un acompte de 50 % est exigible au 15 juin lorsque la CFE de l'année précédente atteint 3 000 €.
Faut-il payer la CFE quand on travaille depuis son domicile ?
Oui. En l'absence de local, ou lorsque la valeur locative du local est très faible, vous restez redevable d'une cotisation minimum au lieu de votre principal établissement : le taux voté par votre commune s'applique à la base minimum, que l'activité soit exercée au domicile ou chez vos clients.
Les taxes de chambre de commerce et de métiers sont-elles incluses dans la CFE ?
Non. Les micro-entrepreneurs paient la taxe pour frais de chambres de commerce et d'industrie et/ou la taxe pour frais de chambres de métiers et de l'artisanat auprès de l'URSSAF, et non avec la CFE. Ces montants n'apparaissent donc pas sur l'avis de CFE et ne doivent pas être ajoutés à l'estimation du simulateur.
Sources
- impots.gouv.fr — Micro-entrepreneur : CFE, cotisation minimum et exonération de 5 000 €
- impots.gouv.fr — Impôts locaux : CET (CFE et CVAE) et taxe foncière (cotisation minimum, acompte, échéances et CVAE)
- impots.gouv.fr (BOFiP) — BOI-IF-CFE-20-20-40-10 : CFE minimum, base minimum et frais de gestion de l'article 1641 du CGI